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Jeudi 26 juillet 2007
Cette chronique sur le marathon électoral français de 2007 est maintenant close. Nous remercions les acteurs et les commentateurs politiques pour leurs prestations médiatiques qui, si elles n'ont pas toujours été de la plus haute tenue et du meilleur goût, ont en tout cas ajouté de l'eau à nos moulins. - Si vous découvrez ces articles, sachez que les premiers ont été écrits dès octobre et novembre 2006 : en déroulant cette page d’accueil, vous les lirez donc à rebours. Toutefois, pour une lecture dans l’ordre chronologique, on peut suivre ce lien >>> http://skarlet.net/carnet/blog9.htm. - Le nombre de visiteurs et de pages vues a été plutôt important, même si les retours et commentaires ont brillé par leur absence, ce qui est assez normal pour ce genre de prestation anonyme, mais tout de même un peu dommage, car l'intérêt principal d'une telle démarche de publication reste sans doute le dialogue avec les lecteurs. – Peut-être une autre série d'événements fera-t-elle l’objet d’une prochaine chronique : La soi-disant "actualité" et surtout l'intérêt que nous lui prêtons décident de ce genre de choses. Si vous avez envie de parcourir ce blog quand bien même la plupart des événements (et "non-événements") décrits appartiendraient déjà au passé, vos impressions de lecture seront certainement utiles et instructives pour la conception d'un futur projet. Ci-dessous, l'onglet "ajouter un commentaire" vous permet de nous en faire part. - Merci pour vos visites & à une prochaine fois, SK.
Mardi 24 juillet 2007
par skarlet publié dans : videobox
Mardi 19 juin 2007

Inscrits : 35 223 520

 

Votants : 21 132 355

 

Abstentions : 40%

 

Blancs ou nuls : 3,43%  

 

Exprimés : 20 406 73


 

 

 

Suffrages exprimés en %
 (entre parenthèses le nombre de député[e]s)
 

 

UMP (& apparentés) : 47,79% (323)
PSLE : 1,77% (20)
Extrême droite : 0,08% (0 )
TOTAL DROITE : 49,64% (343)  

 

PS (& apparentés) : 46,06% (205)
PC (& apparentés) : 2,74% (18)
Verts : 0,45% (4 )
TOTAL GAUCHE : 49,25% (227)

-------------------------

MoDem : 0,57% (4)
 

Divers : 0,55% (3)

Source : Le Monde, daté du mardi 19 juin 2007 

 

 

Commentaire
 

On peut être surpris par le fait, encore peu commenté, que la droite et la gauche fassent pratiquement jeu égal en termes de suffrages exprimés (49,64% vs. 49,25%) et qu’aucune de ces deux coalitions n’obtienne la majorité absolue dans ce registre. De plus, si un tel mode de scrutin faisait autorité pour constituer le nouveau parlement français, tout dépendrait des scores (plutôt dérisoires) du Modem et de l’attitude des «Divers » pour réunir une majorité au parlement, qui serait alors très précaire si l’on y ajoute les changements de camp toujours possibles et, d’une certaine manière, « mis à la mode » par le nouveau président français qui, dans un tel cas de figure, aurait tout le mal du monde à gouverner comme il l’entend, ou comme il l’a laissé entendre au cours des campagnes présidentielle, puis législative avec son « gouvernement d’ouverture » (« Fillon 1 »), dont la formation ne l’a pas empêché d’essuyer un premier revers avec l’accueil hostile fait à son projet d’une « TVA sociale ».

 

Toutefois, le mode d’élection (et de sélection) des députés étant ce qu’il est en France, les choses ne se passeront pas ainsi, puisque la majorité présidentielle peut compter dès à présent sur 343 député(e)s (contre 227 parlementaires d’opposition) pour mettre en pratique son projet gouvernemental, quel que celui-ci puisse d’ailleurs être, car la détermination ne semble pas, pour l’instant, le point fort du nouveau pouvoir, comme le montre son recul en ce qui concerne la TVA sociale, recul qui ne pourrait d’ailleurs être que provisoire. Cependant, la « vague bleue » n’a pas déferlé à la hauteur escomptée par les sondeurs et commentateurs « amis du pouvoir » pour reprendre l’expression de Mme Royal. D’ailleurs, il est fort possible que l’électorat français ait voulu « marquer le coup » face à ce rabâchage incessant et démontrer aux « faiseurs d’opinion » médiatiques qu’il n’accepterait pas que ces derniers se permettent de voter à sa place ou d’anticiper d’une manière peu démocratique et sans gêne le « verdict des urnes ».

Samedi 16 juin 2007

Vers 18 h, dimanche dernier, 10 juin 2007,  la radio (RTL, France Inter) annonçait plus de 50% d’abstentions au premier tour des Législatives. Puis, vers 21 h, la télévision (France 2) faisait retomber ce chiffre à 39%. Il faut croire qu’il y a 11% de « vote-tard » en France. Peut-être certains d’entre eux, qui ne seraient pas allés voter du tout, se sont-ils précipités dans les isoloirs sur la seule foi de cette annonce inquiétante à l’heure de l’apéro. Mais les quelque 60% de votants annoncés le lundi 11 juin au matin sont tout de même peu nombreux, comparés au 83% qui se sont déplacés le 22 avril. Et qui, en majorité (à 55%), avaient voté pour François Bayrou, Ségolène Royal ou un(e) candidat(e) d’extrême-gauche. C’est-à-dire contre Nicolas Sarkozy, qui a pourtant recueilli 53% des suffrages le 6 mai 2007 (voir ci-dessous). Or, ce dimanche 10 juin 2007, quelque 23% des électeurs qui ont répondu présent aux Présidentielles ne se sont pas dérangés. Ces « vote-une-fois-sur-deux », dont les « instituts d’opinion » auront très vite dressé le portrait robot, auraient-ils pu contrer ou tempérer cette « vague », ce « raz-de-marée », ce « tsunami » sarkoziste annoncés à coups de marteau par les médias puis accomplis par la partie  « docile » de l’électorat qu’il faut actuellement estimer à 60% ? Les 23% d’électeurs « indociles » sont-ils quant à eux apparentés à la foule d’« indécis » dont il a été beaucoup question au cours de la campagne présidentielle ? En tout cas, on constate un phénomène de déstabilisation, ou de désorientation, associés à une évidente lassitude au sein de l’électorat français. Déstabilisation avec ce « gouvernement d’ouverture » mis en place par le président Sarkozy. Désorientation avec le brouillage de la ligne de démarcation traditionnelle entre la droite et la gauche. Lassitude avec ces élections à répétition, cet « électhon » français, cette parade incessante de polémiqueurs et de commentateurs, mais surtout ces résultats annoncés, martelés à coups de sondages et, dans le cas des Législatives, le verrouillage de l’expression démocratique par un mode de scrutin aussi dépassé que le découpage des circonscriptions, qui élimine notamment ce que l’on appelle les « extrêmes », comme par exemple le Front National dont la très grande majorité a « voté utile » en plébiscitant Nicolas Sarkozy. Mais les 18% d’électeurs « centristes » qui ont voté François Bayrou devraient également être en proie à une certaine forme d’écœurement, quand ils constatent l’utilisation sarkozienne de leur idée maîtresse avec la soi-disant « ouverture », qu’il faut surtout considérer comme un « coup » opportuniste, et le score ou encore le nombre de députés que les Législatives réservent à François Bayrou, après le fameux « ralliement » au « camp adverse » de certains de ses « alliés » de naguère. Sans parler de la gauche anti-libérale, quasi obligée de soutenir une alliance entre le PS et le PC, réclamée par le mode de scrutin et le découpage des circonscriptions basé sur le recensement de 1982. Toutefois, si la vie peut changer en 25 ans (à l’image des données démographiques ou sociologiques), certaines choses semblent avoir une propension à passer du pareil au même avec une ponctualité et une constance proprement effrayantes. Ce qui peut finir par lasser au moins 23% des électeurs français que l’on ne peut plus raisonnablement situer dans un camp ou un autre, aux extrêmes ou au centre, mais qui sans doute préfèrent l’école buissonnière, les dimanches à la campagne ou en ville à une participation « citoyenne » qu’ils n’ont peut-être pas tort de considérer, dans l’état actuel des choses, comme une mascarade traversée d’un ennui mortel. Ce qui est le cas de le dire.

 

Samedi 16 juin 2007
  Nombre % Inscrits
Inscrits 43 896 043 100,00
Abstentions 17 374 219 39,58
Votants 26 521 824 60,42

  Nombre % Votants
Blancs ou Nuls 495 358 1,87
Exprimés 26 026 466 98,13


 
Voix
% Exprimés
  Extrême gauche
888 234
3,41
  Communiste
1 115 663
4,29
  Socialiste
6 436 521
24,73
  Radical de gauche
343 565
1,32
  Divers gauche
513 407
1,97
  Les Verts
845 977
3,25
  Ecologiste
208 477
0,80
  Régionaliste
133 473
0,51
  Chasse Pêche Nature Traditions
213 427
0,82
  Divers
267 755
1,03
  UDF- Mouvement Démocrate
1 981 107
7,61
  Majorité présidentielle
616 440
2,37
  Union pour un Mouvement Populaire
10 289 732
39,54
  Mouvement pour la France  
312 581
1,20
  Divers droite
641 842
2,47
  Front national
1 116 136
4,29
  Extrême droite
102 124
0,39

source : ministère de l'Intérieur

Commentaire succinct

 

Si l'on s'amuse à additionner les voix des différentes gauches, des écologistes et du "MoDem", on atteint tout de même 47,63% des voix exprimées, ce qui semblerait alors correspondre à la force réelle de l'opposition politique actuelle en France. Le problème, soulevé plus haut, reste celui des 23% d'électeurs qui, contrairement au scrutin présidentiel, ne se sont pas déplacés pour les Législatives. Si l'on considère que, lors du premier tour des Présidentielles, cette "opposition" totalisait 55% des voix exprimées (voir ci-dessous), on peut commencer à se poser des questions. Toujours est-il que l'histoire du "raz-de-marée sarkoziste" ou de la "vague bleue" paraît quelque peu "abracabradantesque", pour reprendre le mot du désormais ancien président de la République. Et comme le désormais actuel président de la République dispose lui aussi de ces chiffres et que l'on peut lui concéder la même capacité d'analyse, son "gouvernement d'ouverture" n'est absolument pas du luxe. Ce qui, une fois encore, est le cas de le dire.

Lundi 28 mai 2007
S'il n'est pas déjà en proie à un violent dégoût, l'électeur français peut légitimement ressentir une certaine forme d’inquiétude en parcourant le programme que la télévision française s’apprête à diffuser cette semaine. Car, contrairement aux mois précédents, les émissions politiques brillent par leur absence. Si l'on excepte les journaux télévisés qui, avec leurs sempiternels sondages, donnent gagnante l'équipe sortante depuis le début de l'année, et les commentaires de ces sondages dans la quotidienne d'Yves Calvi évoquée plus bas ("C'est dans l'air", France 5, 18:00-19:00), les journées et les soirées du lundi 28 mai au dimanche 3 juin proposées par les chaînes hertziennes (TF1, France 2, France 3, France 5/Arte, M 6), où abondent déjà ces exercices d'abrutissement estivaux dont les téléspectateurs français (et européens) sont les victimes rituelles depuis de nombreuses années, font un véritable black-out sur cet événement pourtant capital qui, une nouvelle fois, appelle les citoyens français aux urnes afin qu’ils élisent, les 10 et 17 juin prochains, leur nouveau parlement. On a beau lire et relire ce programme, rien, sinon les platitudes débitées à l’heure de l’apéro et des repas, ne ressemble à une émission politique digne de ce nom. Cependant, les journaux télévisés ne se priveront pas de relater les faits et gestes du nouveau président de la République, qui continue de bénéficier d'une formidable surexposition médiatique, dont il est déjà familier depuis un certain nombre d'années, mais qui atteint aujourd'hui des sommets. Et puis, arrivé à la page de dimanche, on finit tout de même par repérer une série d’émissions politiques à la télé. « Et c'est sur France 5 » : A l'heure du déjeuner, Daniel Schneidermann décrypte la vie cachée des grands fauves ("Arrêt sur images", 12:30-13:30), avant que Franz-Olivier Giesbert ne fasse le point sur les retournements de veste ("Chez FOG", 13:30-14:30). Ensuite, Serge Moati prend le créneau d’Yves Calvi ("Ripostes", 18:00-19:00). Enfin, en deuxième ou troisième partie de soirée, Mme Kouchner (Christine Ockrent), dont on se demande d’ailleurs comment elle réussit encore à conserver l'antenne dans les circonstances présentes, fait « péter la poire et les 'cahuètes », selon la formule naguère consacrée des Guignols de l'info ("France Europe Express", France 3, 23:10).

Après une surexposition certes légitime et utile de la vie politique et de la campagne présidentielle par les médias français depuis le début de l’année, il faut s'interroger sur le sens de ce « black-out » relatif à la campagne des Législatives et ce revirement ou changement d'humeur et d'ambiance subits, qui ressemblent un peu à ce que vivent ces malades « bipolaires », répertoriés par la psychiatrie et plus connus sous l'appellation un peu usée de « maniaco-dépressifs ».  Roland Garros, retransmis à raison d'au moins six heures par jour du 27 mai au 10 juin, jour de la finale messieurs et du premier tour des législatives françaises, n'est sans doute ni tout à fait innocent ni tout à fait coupable. Ce tournoi de tennis tombe tout simplement à pic pour vider la tête des citoyens à coups de raquette et de terre battue, après une overdose de palabres et de polémiques stériles avec le résultat que l'on connaît, forcément inquiétant ou désastreux pour les uns et satisfaisant ou sans incidence pour les autres. De même, à cette période de l'année, le téléspectateur français (et européen) doit invariablement faire face, et pour trois mois, à ce qu'il est convenu d'appeler les « programmes d'été », un doux euphémisme qui désigne ces conserves audio-visuelles et rediffusions ineptes dont la « petite lucarne » gratifie les forcenés du canapé. Cette « dépression estivale », synonyme d'absence totale de créativité et de lourdes compulsions de répétition en matière d'images et de sons, est également si rituelle qu'elle n'explique pas vraiment le black-out en question.

L'heure est sans doute à l'autocritique. En effet, les journalistes, chroniqueurs, sondeurs, commentateurs n'auront pas vraiment brillé au cours de ces derniers mois. Sans doute en ont-ils conscience. Mais ils ont fait leur métier. Et c’est là leur excuse la plus valable. Encore faut-il qu’ils se rendent compte de l’instrumentalisation dont ils ont fait et font encore l’objet. Les plus avisés d’entre eux le savent certainement, et quelques-uns cherchent même, avec plus ou moins de bonheur, à s’affranchir de ce joug. Et puis il y a la virulence des quelques « francs-tireurs », qui font feu de tous bois, comme l’énergique Jean-François Kahn (Marianne) ou l’excellent Philippe Val (Charlie-Hebdo).  Sans oublier ces « amateurs » qui, après un filtrage efficace, ont également le droit de prendre part, en vedette américaine, à ce qu’il faut bien appeler une « cacophonie politico-médiatique » qui, avec les discours à caractère programmatique des douze (puis quatre, puis deux) candidats à la Présidentielle et les commentaires souvent convenus qu’ils suscitent sans arrêt, finit bien sûr par lasser l’auditoire, en l’occurrence les citoyens français, si elle ne suscite pas un énervement considérable ou une ennui sans nom chez ceux qui, muets d’étonnement ou par la force des choses, consomment à longueur de journée cette nourriture spirituelle sans grande consistance. C’est de ce côté-là (du côté de la réception) qu’il faut se demander à qui profite l’effet  (énervement, lassitude, etc.) que produit cette surmédiatisation politique. On ferait alors un grand pas dans la compréhension de l’instrumentalisation des uns et des autres au cours de ce marathon électoral, de cet « électhon » français.

Si les annonceurs ne misent peut-être plus beaucoup sur les émissions politiques qui, d’ailleurs, n’autorisent pas de coupures publicitaires, il faut également supposer que ce black-out est « programmé » de longue date. Car l’heure est déjà à la préparation des vacances puisque la France a cette habitude quasi viscérale d’arrêter toutes ses activités pour déjeuner le dimanche en famille et pour passer l’été en villégiature. Chacun sait que cette période est souvent choisie par le pouvoir pour faire voter telle ou telle loi difficilement acceptable par la majorité des gens ou encore pour mettre en place certaines stratégies (notamment économiques) à l’insu des citoyens français qui bronzent par millions sur les belles plages atlantiques et méditerranéennes s’ils ne lézardent pas au beau milieu des multiples idylles bucoliques qui font le charme de cette France rurale sans cesse perdue et sans cesse retrouvée. Cependant, il ne faut pas trop désespérer. Car l’un explique l’autre. Si les politiciens profitent de l’été,  avec sa « sous-exposition » médiatique de l’actualité politique, c’est que la France a cette autre particularité assez remarquable d’être la patrie des « grognes » populaires. Et c'est là un autre exemple d'euphémisme si l'on considère les deux Révolutions de 1789 et de 1848, ou simplement les révoltes de la Commune de Paris et de Mai 68. Notre black-out fonctionne donc un peu comme  un neuroleptique ou un tranquillisant que l’on administre au pays des barricades et du cocktail Molotov en vue d’asseoir le nouveau (l’ancien) pouvoir sans que la « transition », qui se dit désormais « rupture », ne crée trop d’émotions et, surtout, pour couper court au mot d’ordre d'une « rentrée sociale musclée ». Mais, comme rien n’est jamais vraiment joué (ni gagné) d’avance, attendons de pied ferme la semaine du 3 au 10 juin pour voir si cette tendance à l’apathie politico-médiatique se confirme. En attendant, on peut toujours se consoler avec la campagne officielle et ses nouveaux clips qui tournent actuellement en boucle à l’heure du fromage. Sans oublier le Sarkoka-Sarkola et les 'cahuètes.
Vendredi 25 mai 2007
En exergue de la présente chronique des élections françaises de 2007 figurait cette phrase: "La bataille sera médiatique ou ne sera pas". En effet, c'est sur ce terrain-là que Nicolas Sarkozy aura joué et remporté les Présidentielles. Car cet homme fait assurément partie de ces figures que le penseur Pierre Bourdieu qualifiait de "médiatiques" (in "Passage à l'antenne", éd. Raison d'Agir, 1996). Des médias, il en joue, il y excelle. Il les manipule et il anticipe les "réceptions" possibles, s'il ne programme pas les "réactions". Sur ce "terrain virtuel", un rôle de premier plan revenait, par exemple, aux effets d'annonce, comme celle d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, qui a généré un tollé dans l'opinion publique. "Tout bénéfice", comme il avait pu dire (dès 2006 à propos de la probable confrontation avec Ségolène Royal). Et son bénéfice a été plus que confortable, comme les observateurs les moins avisés ont fini par le constater. D'ailleurs, il est fort possible que cet homme rêve d'une "couverture médiatique" vingt-quatre heures sur vingt-quatre : Sarkozy dîne au Fouquet's, Sarkozy fait la fête à la Concorde, Sarkozy médite au large de Malte, Sarkozy présente la Légion d'Honneur à son fils cadet, Sarkozy embrasse sur la bouche sa femme au passé volage, Sarkozy passe en revue le gratin à l'Élysée, Sarkozy remonte les Champs dans une 607 Paladine, Sarkozy essuie une larme au Bois, Sarkozy joue les dragueurs germanopratins à Berlin, Sarkozy négocie entre deux avions dans la Ville Rose, Sarkozy mouille le maillot avec sa garde rapprochée du côté de Saint-Trop'. Et il y aura toujours une caméra pour aspirer et recracher sa prestation, en direct ou en différé, toujours un "correspondant" pour "relayer l'information", un "intime" pour se laisser aller à l'une de ces "confidences téléphonées" dont les médias raffolent. De sorte que cet homme, à force de curiosité provoquée et d'intrigues programmées, est devenu omniprésent. Et cette omniprésence ne date pas d'hier car son exercice à l'Intérieur ressemblait déjà à une incessante performance médiatique. Mais il faut bien se rendre à l'évidence que cette ubiquité très ubuesque reste absolument virtuelle, qu'elle se décline d'ailleurs à la télévision, à la radio, dans les journaux, les magazines ou les conserves emmagasinées sur Internet. Car, "en réalité", cet homme ne se trouve nulle part. Et l'exercice, le contact physique, le corps, l'incarnation, peut-être parce qu'ils sont constamment mis en scène, viennent ajouter au paradoxe de cette entreprise de désincarnation médiatique. Car, en réalité, cet homme est toujours déjà ailleurs, traversé par une absence fondamentale, tendu vers un monde à la fois utopique, avec des promesses proprement intenables, voire insoutenables, et persécutif, si l'on considère par exemple les affrontements que son ministère avait générés. Voilà en effet comment est né le fameux slogan "tout sauf Sarko" aux conséquences si néfastes pour ceux qui se sont engouffrés dans la brèche. Oui, dans cette bataille médiatique, les "Éléphants" socialistes ont été dépassés. Car ils ont cru bon relever le défi, qui leur a été lancé, sur un autre terrain, puisqu'ils se sont, pour ainsi dire, "bornés" à la "réalité". Et même la personnalité la plus médiatique d'entre eux n'a pas cru bon arranger sa coiffure ou travailler sa voix, pour mentionner encore ces deux éléments réellement insignifiants, dont la signification virtuelle paraît pourtant d'une importance capitale. Cette "femme concrète" a fait l'erreur de vouloir rester "nature" dans ce "monde parallèle" où tout n'est qu'apparence, affaire de décor et autopromotion, effet de style, de parole et d'annonce. Or, et voilà le paradoxe, si elle a été conduite avant tout sur un terrain virtuel, cette bataille médiatique a fini par produire un effet bien réel car il se trouve que cet homme a fini par "réaliser son rêve" avec son accession à la plus haute charge de l'Etat. Et, pour cinq ans, cette réalité-là demeurera probablement intangible. Tout comme celle du fameux ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, dont la création, malgré l'indignation considérable que son annonce aura suscité au pays de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, "réalise" un dessein bien précis en constituant la preuve "matérielle" que la promesse la plus insoutenable puisse être tenue, dispensant du même coup son auteur à tenir d'autres engagements bien plus délicats.

Sans doute faudrait-il mettre à contribution le champ philosophique et critique de la pragmatique pour produire un décryptage efficace de ce qui s'est passé, et continue encore de se passer, dans ce marathon électoral français de 2007. Et, pour que ce décryptage joue également le rôle d'un "débriefing", aussi nécessaire que salutaire, il faudrait que les "Français", qui se voient interpellés sans cesse depuis de nombreux mois par ces communicants et pragmaticiens tous terrains que sont les politiciens et les politologues professionnels, se rendent compte, sans dénier leur spécificité, qu'ils sont victimes d'une incroyable entreprise de "nombrilisation", à l'image de l'incontestable narcissisme qui anime leur nouveau leader. En effet, depuis le début de l'année, on n'aura eu que ces mots à la bouche, en finissant par les user, les vider de leur sens : on n'aura parlé que de la "France" et des "Français". Comme si l'existence dans ce beau pays pouvait se réduire à un territoire et à une identité "nationales". Or il y a, en France comme partout dans le monde, des différences économiques et sociales bien réelles, tellement réelles qu'elles en deviennent parfois insupportables. Et ce beau pays aura accueilli tant de dissidents, de réfugiés, de persécutés, qu'il a fini par donner naissance à une "culture multiple" de la résistance aux régimes autoritaires du monde entier. Enfin et surtout, ce beau pays se trouve en Europe et fait donc partie intégrante du "paysage" européen, avec de nombreux "citoyens européens", pour l'instant condamnés à une existence toute "virtuelle", qui viennent séjourner ou s'installer, travailler et vivre, s'aimer et respirer en France. Ainsi, cette "interpellation" constante des "Français" à des fins électoralistes et pragmatiques constitue, sans beaucoup d'égards pour les autres, le déni avéré d'un avenir européen qu'il est pourtant urgent de construire en créant un espace politique et culturel commun, dans lequel la "nation française" aurait vocation et intérêt à se fondre, à s'abandonner même, sans cependant renoncer à ce qui a fait sa grandeur au cours de cette histoire européenne commune, faite à la fois de conflits interminables et d'échanges essentiels, de mixité et de particularismes. Oui, la "nation française" est appelée à disparaître si l'on veut réellement construire cette "maison européenne commune" qui, pour l'heure, produit surtout des frasques rhétoriques et des directives libérales. Or il semble évident que les politiciens français, comme leurs collègues dans les autres pays d'Europe, se "fonderont", eux aussi, dans cette "construction européenne" où il conviendrait en effet de supprimer ces lourds et coûteux appareils étatiques héritées d'un passé récent et douloureux, au profit de politiques régionales efficaces sous l'égide d'une "Communauté européenne" qui, par exemple, se "payerait le luxe" de mettre en place des services publics continentaux, tels que les très souhaitables transports ferroviaires et services postaux européens, mais également et surtout un système équitable de soins, d'assurances sociales, de revenus minimaux et de formations, qui permettrait à tous les Européens d'éviter la descente aux enfers produite par cette spirale de la misère dont on ne cesse de constater les effets désastreux jour après jour. Oui, ces politiciens, qui continuent de vouloir intégrer à grands frais des appareils étatiques dépassés, devront par la force des choses oeuvrer à leur propre suppression, si tant est que l'on veuille bien prendre au sérieux l'idée d'une Europe supra-nationale qui devrait sans doute également comprendre la Russie, ce que personne, mais vraiment personne n'a encore osé mettre sur le tapis. Oui, on préfère négocier (ou ne plus négocier) avec la Turquie. Ainsi, la plupart des problèmes soulevés au cours de cette campagne (et sans doute d'un grand nombre de campagnes "nationales" en Europe) fonctionnent comme des paravents. Les "problématisations" proposées permettent de passer sous silence l'essentiel, à l'image du débat qui anima la France lors du référendum européen de 2005. En effet, il eût été essentiel de faire voter tous les citoyens européens le même jour pour ne pas courir deux risques évidents. Car, d'une part, le débat européen risque d'être contaminé par des questions de politique nationale, comme ce fut le cas en France avec le "vote de défiance" qui s'adressa d'abord au président Chirac, fervent défenseur du "oui". Et, d'autre part, les différents résultats nationaux, décalés dans le temps, risquent de s'influencer les uns les autres, comme ce fut probablement le cas avec le vote des Pays-Bas qui succéda au "non" français. De même, il serait peut-être souhaitable que ce référendum en effet nécessaire, mais qui devrait impérativement être conduit à l'échelle européenne, ne puisse pas être mis en échec ou bloqué par telle ou telle "minorité nationale", dans la mesure où il s'agit avant tout de savoir si une majorité qualifiée de citoyens européens souhaite (ou non) une Constitution européenne qui comprendrait (ou non) un important volet social. Mais quelle que soit la manière dont cette affaire sera menée, il conviendrait avant tout de ne pas priver l'Europe d'un grand débat supra-national, voire international, qui permettrait de cristalliser les points communs des Européens, voire des êtres humains en général, quand on ne cesse de mettre en exergue leurs différences. Or, pour l'instant, tout est fait pour que ce débat et cette cristallisation n'aient pas lieu. Et l'exemple des élections françaises de 2007 est là pour illustrer à merveille ce paradoxe bien connu. On insiste d'autant plus sur un problème que l'on désire taire tel autre. Mais ce moulinage rhétorique incessant produit surtout cet autre effet de vider de sa substance ce dont on entend parler. Et l'on peut aisément transposer ce paradoxe sur le plan des médias nationaux et internationaux. Plus on braque les projecteurs sur un "événement" pour le rendre "visible", plus on le rend invisible en aveuglant les spectateurs ou simplement par "overkill médiatique". Sans parler des zones d'ombre ainsi générées. Et c'est là le sens caché de l'expression, si prisée des journalistes, de "couverture médiatique". Or, refoulées, les zones d'ombre menacent toujours de ressurgir sous une forme différente. Une forme réellement insupportable. Sans couverture dans le froid. Sans eau dans ce désert qui, aux dernières nouvelles, continue toujours de croître.

Pour revenir un instant à nos moutons, il paraît évident, à la lumière de ce qui précède, que le discours nationaliste qui est actuellement, et depuis belle lurette, tenu en France permet de ne pas parler de la suppression pourtant nécessaire des nations traditionnelles au profit d'un État européen quelque peu consistant. Peut-être les adieux à la politique de Lionel Jospin en 2002 après le refus de Jacques Delors, qui avait renoncé à la candidature socialiste parce qu'il estimait ne pas pouvoir obtenir les moyens (matériels) pour mener à bien sa politique (sociale) s'il était élu (et il avait de fortes chances de l'être), sont-ils symptomatiques. Aussi symptomatique que l'est ce nationalisme anachronique qui a porté l'actuel président au pouvoir. Mais peut-être dira-t-il un jour: "Camarades, je suis le dernier".

Lundi 21 mai 2007
Ce lundi matin, Libération, un journal qui, avec le nouveau directeur Laurent Joffrin (venu du Nouvel Observateur), se positionne clairement à gauche, pousse encore le bouchon ou, au choix, enfonce le clou: "Selon un sondage Ifop pour Paris Match (réalisé les 10 et 11 mai auprès de 885 personnes), les candidats UMP recueilleraient 37 % des intentions de vote du premier tour, et ceux du PS, 28 %. Le nouveau Mouvement démocrate de François Bayrou en réunirait 14 %, et le Front national, 7 %. D'après la projection en sièges réalisée par le même institut, l'UMP disposerait alors de 336 à 390 sièges, le PS en sauverait de 149 à 190, le FN n'aurait, comme dans l'assemblée sortante, aucun élu, et les amis de François Bayrou de... 0 à 8 (l'Assemblée sortante compte 350 UMP et 9 apparentés, 141 membres PS et 8 apparentés, 26 membres UDF et 3 apparentés, et 21 membres PCF. 14 députés [dont les 3 Verts] n'appartiennent à aucun groupe)." En effet, la "campagne officielle" pour les Législatives, avec ses décomptes et ses temps d'antenne à la seconde près, mais surtout ses sondages et commentaires de sondages, vient de débuter. Face au titre de Libération ("La gauche craint la marée UMP"), Le Figaro, quotidien résolument pro-gouvernemental, se permet même d'anticiper le résultat des prochaines élections: "Le gouvernement et l'UMP plébiscités". Le bref article explique ce titre: "Selon un sondage TNS Sofres-Unilog pour le Figaro-RTL-LCI, l'UMP devrait bénéficier d'une large majorité à l'Assemblée nationale. Le gouvernement et l'UMP sont plebiscités." - Bien sûr, il est sans doute exagéré d'accuser les sondages de mensonge, de les présenter comme des "mensondages". Leur caractère d'anticipation, qui fait état des déclarations "téléphonées" d'un "panel représentatif" d'un millier de personnes sujettes ensuite aux fameux "redressements", mais surtout les commentaires très orientés, que l'on greffe invariablement sur ces "intentions de vote", donnent néanmoins à penser. Dans le cas présent, et au tout début de la campagne des Législatives, la diffusion de ces sondages, qui donnent largement gagnante la nouvelle (ex-sortante) équipe au pouvoir, et la machine rhétorique des commentaires ainsi légitimée constituent une véritable ingérence dans le bon déroulement de ces élections des 10 et 17 juin, voire dans "l'âme" et la "conscience" même des électeurs français. Non seulement ces élections sont présentées comme si elles étaient jouées d'avance, avec la démotivation que cela peut impliquer au sein de l'électorat, mais on fait surtout croire aux gens que l'état actuel des rapports entre les forces politiques du pays possède quelque chose de définitif, d'immuable, que le déroulement même de la campagne, les thèmes abordés et mis en discussion, le comportement du nouveau pouvoir au cours des prochaines semaines n'auront aucune espèce d'influence sur le choix réel des électeurs dans l'isoloir. C'est cela qui relève de la manipulation et donc du mensonge. Cependant, et c'est là un fait impossible à contester, le mode de scrutin des Législatives ne permet pas aux forces politiques réelles du pays d'entrer au parlement dans les proportions que l'on a pu constater au premier tour des Présidentielles, qui aura d'ailleurs déjà fait apparaître un certain "vote utile". Ainsi, en l'absence de proportionnelle et d'accords électoraux consistants, les 18,5% de voix réunies par François Bayrou risquent de "passer à l'as", d'autant que le fondateur du MD vient de réaffirmer son "indépendance" (Le Point, 21/05/07). Il en va de même pour les quelque 24% de votes dits extrêmes (ci-dessous). Ce sont donc plus de 40% des voix qui devront, au second tour des Législatives, se reporter "utilement". Actuellement, et sans peut-être toujours le préméditer, tout est fait par les tenants de l'opinion publique et les ténors du pouvoir en place pour démotiver les différentes oppositions politiques qui, répétons-le, avaient totalisé au moins 55% des suffrages au soir du 22 avril (ci-dessous). S'ils réussissent leur "coup", le taux des abstentions et des votes blancs, qui ne peuvent que profiter au nouveau pouvoir, atteindront des records. Il faut également ajouter que, de manière générale, on n'aime pas se tromper. Et que l'on n'aime pas miser sur le perdant. Alors, s'il ne s'agit pas d'intérêts politiques, ce sera l'orgueil qui poussera les uns et les autres à défendre becs et ongles leurs "pronostics" et leurs "mensondages", quelles que soient d'ailleurs les forces politiques réelles du pays, qui risquent, dans ce cas, de reprendre la parole d'une façon différente, par exemple à l'occasion d'une "rentrée sociale" musclée, puisque l'on persiste actuellement à vouloir réduire ces voix au silence comme on ne cesse d'anticiper, parfois d'une façon peu démocratique, voire franchement manipulatrice, sur le vote d'un électorat français de plus en plus déstabilisé et donc de plus en plus versatile.
Dimanche 20 mai 2007
Martin Hirsch (Emmaüs), qui se voit propulsé "haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté", a beau prévenir qu'il n'est "ni dupe ni naïf", cependant que le nouveau ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner scande: "En me faisant l'honneur de me proposer de diriger la diplomatie de la France, le président de la République n'a pas imaginé que je devienne sarkozyste. Certaines de mes convictions ne sont pas les siennes et réciproquement. Voilà qui annonce, j'espère, d'heureux changements de style, d'analyse et d'époque. Cela porte un beau nom : l'ouverture." (Le Monde, 19/05/07). Il se trouve que les choses ne se résument pas aux beaux discours, aux déclarations d'intention, au proverbial "état de grâce". En recrutant ces deux personnalités réputées de gauche, le nouveau président sait ce qu'il fait. Il travaille pour un plébiscite aux Législatives. Une fois ce but atteint, il aura les mains libres pour imposer son "style", dont il a déjà donné quelques aperçus (yachting, jogging, "dancing, dining, diamonds shining"), sa politique ultralibérale (en mettant sur orbite MM. Bolloré, Lagardère, Bouygues et les autres), sa "vision" des choses dans tous les domaines possibles et imaginables (sécurité, assistance aux plus pauvres, service public, fiscalité, politique étrangère, Europe etc.). Oui, le nouveau chef d'Etat sera partout : dans les palaces et les usines, au four et au moulin, sur les terrains de sport, en représentation diplomatique dans tous les coins du monde et, bien sûr, au ranch texan de George W. Bush. Car, pour ce qui est de sa "légitimité", le tour paraît déjà joué : "selon une projection BVA rendue publique vendredi, l'UMP pourrait obtenir entre 317 et 381 sièges [sur 577] dans le futur hémicycle. [...] Selon cette même étude BVA, le PS aurait de 151 à 200 députés." (Libération, 19/05/07) Mais répétons-le une fois encore : ces "projections" (et les commentaires qui s'y rapportent sans cesse) travaillent également à déstabiliser l'opposition politique en particulier et l'électorat français en général. Ce sont là des armes du pouvoir (et le nouveau pouvoir n'est qu'une version "actualisée" de l'ancien) pour casser toute vélléité de changement réel dans le pays, au même titre que ce "gouvernement d'ouverture" qui, à y regarder de plus près, ressemble davantage à un verrouillage politique dans le plus pur style du Second Empire qu'au projet porté par François Bayrou, qui se voit ici plagié sans vergogne. Alors, Français, encore un effort: Abonnez-vous au fil RSS dès les 10 et 17 juin prochains... !
Vendredi 18 mai 2007
Le site du journal Libération est l'un des premiers à mettre en ligne la composition du gouvernement Fillon, annoncée ce matin (18/05/07) vers 9:40 :

François Fillon
Premier ministre
Bernard Kouchner
67 ans, ministre des Affaires étrangères et européennes.
Alain Juppé
61 ans, ministre d'Etat du Développement durable.
Brice Hortefeux
49 ans, ministre de l'Immigration de l'Intégration, de l'Identité nationale et du co-développement
Michèle Alliot-Marie
60 ans, ministre de la Sécurité Intérieure de l'Outre-mer et des collectivités.
Xavier Darcos
49 ans, ministre de l'Education nationale.
Jean-Louis Borloo
56 ans, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi
Rachida Dati
43 ans, ministre de la Justice.
Christine Lagarde
51 ans, ministre de l'Agriculture et de la Pêche
Xavier Bertrand
42 ans, ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité.
Hervé Morin
46 ans, ministre de la Défense.
Valérie Pécresse
39 ans, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
Eric Woerth
50 ans, ministre du Budget des comptes publics et de la fonction publique
Christine Albanel
51 ans, ministre de la Culture et de la Communication. Porte-parole du gouvernement.
Christine Boutin
63 ans, ministre du logement et de la Ville
Roselyne Bachelot
60, ministre de la Santé et des Sports

Les secrétaires d'Etat

Roger Karoutchi
Secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement
Eric Besson
Secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre chargé de la Prospective et de l'évaluation des politiques publiques
Jean-Pierre Jouyet
secrétaire d'Etat aux Affaires européennes
Dominique Bussereau,
Secrétaire d'Etat chargé des transports auprès d'Alain Juppé
Martin Hirsch
Le président d'Emmaüs-France est nommé haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté
 

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